
Employés et direction de l’entreprise en 1967 (au premier rang: 6e à partir de la gauche, le directeur adjoint Gord von Campe; 3e à partir de la droite, le directeur général Hans-Joachim Hirsch). Photo: Elisabeth Pophal.
Après la guerre, Noelle & von Campe se trouvait dans une situation relativement favorable: aucune destruction, aucun démantèlement, de bonnes relations avec la puissance d’occupation britannique, un marché capable d’absorber la production, des machines modernes datant de l’époque nazie et des capitaux suffisants. Des changements importants au sein de la direction de l’entreprise restaient néanmoins nécessaires. La famille von Campe reprit davantage les rênes de l’entreprise: Rudolf von Campe en tant que directeur d’exploitation, Gord von Campe comme directeur commercial, puis comme gérant.
Dans les années 1950, Noelle & von Campe proposait une gamme de produits extrêmement étendue. En 1959, les 270 employés de l’entreprise fabriquaient des bouteilles pour boissons et des bocaux de conserve, des lampes et des verres à boire, ainsi que, de plus en plus, des emballages en verre. Mais la concurrence s’intensifiait, notamment après la création de la Communauté économique européenne en 1957. Il en résulta une double stratégie. D’une part, l’automatisation fut résolument accélérée: les machines Individual Section (machines IS) permirent une production rapide et simultanée. Les fours à bassin furent modernisés; le pétrole, puis le gaz, remplacèrent le charbon comme source d’énergie.


(à g.) Publicité du début des années 1960. Photo: Freundeskreis Glas. (à dr.) Verre promotionnel Tchibo de Noelle & von Campe. Photo: Stefanie Waske.
D’autre part, Noelle & von Campe se concentra de plus en plus sur les emballages transparents, conséquence de l’essor rapide du libre-service. Les produits à base de poisson, de charcuterie et de légumes au vinaigre dominaient la production, mais des entreprises de marques renommées comme Langnese, Eduscho ou Tchibo commandaient également du verre fabriqué à Boffzen. Tout cela impliquait un travail continu en équipes successives, et marqua aussi la fin du soufflage du verre à la bouche, devenu trop peu compétitif.
La main-d’œuvre devint plus internationale et la part des exportations augmenta. Les crédits bancaires et le soutien des pouvoirs publics devinrent indispensables, notamment en période de crise. Les associés augmentèrent à plusieurs reprises leurs apports en capital. Lorsque Gord von Campe quitta ses fonctions de gérant au début de l’année 1981, les 224 employés réalisaient un chiffre d’affaires de plus de neuf millions de DM (1950: 940 000 DM) et un bénéfice de 650 000 DM (1950: 125 000 DM). La verrerie s’était ainsi repositionnée comme spécialiste des emballages en verre.

Une production sur un espace restreint – vue aérienne de Noelle & von Campe, début des années 1970. Photo: Burckhard von Campe et Elisabeth Pophal.
